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Au fil des jours

« Les femmes savantes », comédie de mœurs et de caractère



Photo Martin GODFROID


Le 24 mars, les élèves de quatrième année, accompagnés de leurs professeurs, ont assisté à la représentation d’une pièce de Molière au théâtre Jean Vilar à Louvain-la-Neuve. Voici une critique de la pièce rédigée par Blanche Amphiarus Deprée (4D).


« Les femmes savantes » est une comédie de mœurs et de caractère dans laquelle Molière fait preuve d’un indéniable talent d’auteur et dénonce des sujets déjà abordés dans d’autres œuvres, comme l’éducation des jeunes filles au XVIIème siècle et le mariage forcé. La première représentation de cette pièce eut lieu un an avant la mort du dramaturge, le 11 mars 1672, au Théâtre du Palais Royal, et nous la retrouvons aujourd’hui dans une mise en scène tout à fait contemporaine d’Armand Delcampe. Depuis sa création en 2011, ce spectacle connait un formidable succès et tourne dans plus de vingt villes belges et françaises. Chaque acteur incarne subtilement son personnage, lui attribuant davantage de caractère, sans le stéréotyper. On redécouvre Henriette qui veut se marier à Clitandre et doit pour cela obtenir l’accord de ses parents. Contre l’avis du père, Chrysale, on voit la mère s’opposer catégoriquement à cette union et souhaiter le mariage de sa fille avec Trissotin, un pédant plus intéressé par l’argent que par l’érudition. La mère Philaminte forme avec sa belle-sœur Bélise et sa fille aînée Armande les femmes savantes, convaincues du bel esprit de ce faux savant.

Il s’agit sans conteste d’une pièce de théâtre désopilante à la mise en scène surprenante et au jeu d’acteur audacieux. On rit autant du caractère dérangé des personnages que de notre propre surprise devant les retournements de situation. La scène se décompose en trois parties distinctes, délimitées par des panneaux blancs en arrière-plan sur lesquels sont projetés des portraits de philosophes et des pages de dictionnaire, ce qui ajoute à l’intérêt de la mise en scène. On remarque également des jeux de lumières et l’omniprésence de couleurs, dans les meubles et les déguisements. Le spectateur se retrouve plongé dans l’univers des années 20. Les femmes savantes, toutes vêtues de rose, paraissent d’autant plus burlesques qu’Henriette, Clitandre, Ariste et Chrysale portent avec simplicité et naturel des teintes claires.

Difficile d’interpréter un texte rédigé entièrement en alexandrins avec des tirades parfois interminables. C’est pourtant ce que font les acteurs, avec une élocution talentueuse et une parfaite connaissance du texte. La complexité du vocabulaire ne peut ainsi pas justifier l’incompréhension de la pièce, car les acteurs la jouent comme s’ils la vivaient et il suffit d’être attentif à leur jeu pour concevoir l’intrigue. Malgré tout, le spectacle peut sembler long, surtout pour des adolescents qui n’ont pas l’habitude de rester assis deux heures sans boire et sans parler, en particulier ceux situés au dernier rang, qui ont eu le désavantage de ne pas avoir vu l’entièreté de la scène et entendu distinctement toutes les répliques.

Malgré ce détail, cette représentation est à conseiller aux spectateurs attentifs et émerveillés par la beauté d’une pièce de théâtre.

Blanche Amphiarus Deprée (4D)


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